vendredi 11 juin 2010

Intérieur jour. Camaïeu de gris. Dimanche.

Ça convient ce mal de bloc au réveil.
Ce temps gris et froid, ça convient. Le chant triste des pneus d’automobiles qui écrasent les gouttes sur l’asphalte trempé, ça convient.
Ça convient, le manque de sommeil.
The Space in Between , ça convient.
Se trouver moche et terne et ne pas avoir envie de faire plus de déplacements que des allers-retours de la chambre au salon, ça convient.
Ça convient de lire la succession des chapitres qui s’intitulent tous soit La vie, soit La mort, soit La vie/La mort et qui forment Je ne veux pas mourir seul de Gil Courtemanche.
Ne pas avoir pas envie d’aller chercher ce nouvel ordi tant attendu, ça convient.
Regarder pour la centième fois cette tache grosse comme une clémentine et se dire « oui, elle y toujours, et puis? », ça convient.
Ça convient d’être si accablé que l’angoisse et l’inquiétude demandent trop d’énergie pour faire leur chemin vers le cœur. 
Ça convient que l’eau de pluie, fluide, s'écoule entre les murs mitoyens et poursuive sa course dans le solide, concassé.
Ça convient,  les sons. Ceux que l’acuité de l’ouïe oblige à entendre. Les autres, provoqués, animés, ceux qui sortent de l’aspirateur, de la télé, de la radio, des CD, des DVD, du spin de la laveuse : "vos yeules!"
« Vos yeules! » à ceux qui disent n’importe quoi, absorbés par le seul projet de s’écouter parler, ça convient. Toujours.
Ça convient ces journées qui apaisent les tempêtes des feux.
Et celles qui envoient le message de retourner ses yeux vers l’intérieur, ça convient.
Ça convient aujourd’hui d’être comme un 6 février et que les oiseaux soient partis au Nouveau-Mexique.
Ça convient qu’il ne reste plus que des pâtes, un brocoli et des champignons.
L’absence de présences convient.
La présence de mes absences convient.

Puisque tout convient, cette journée est sans contredit une réussite totale.


*******

1 commentaire:

Anonyme a dit…
Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.