dimanche 22 août 2010

Urinaires (aux assomenteurs)

Et puis s'est glissé un caillou dans l'engrenage du sablier
Une pierre aux reins expulsée en pleurs urinaires
Ne viens jamais plus te poser sur ma foi, caillou de malheur
Crise débile en vue
Et catapulte d'insultes calcaires



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samedi 7 août 2010

La famille Dumb, Dumb, Dumb, Dumb, Dumb et Dumber prend l’avion

Quelle chance quand même d’avoir trois sièges à sa disposition pour un vol de nuit.  À faire baver d’envie le voyageur de première classe avec son cordon d’identification Rolls Royce bien en évidence.   Y'est même pas beau…. Ceci dit, les moteurs d’avions étant construits par RR, je lui lècherait les ongles d'orteils si c'était l'unique garantie de voler bien droit pour les prochaines heures…

Alors qu’il est l’heure de décoller et que l’embarquement semble complété pour le vol du retour, je commence à croire que j’aurai droit au traitement royal en classe économique puisque personne n’a encore pris place à mes côtés.  Rendue à l’étape où, telle une avare jubilant devant son pécule, je frotte mes mains de bonheur  en concluant que l’affaire est dans le sac, l’agent de bord annonce qu’on attend les derniers passagers qui sont en chemin.  Zut de zut de bonyenne!  
Je fantasme déjà sur deux magnifiques membres virils qui me feront passer 8 heures comme 8 minutes.

Oooooh que nenni, que non!!! 

Les passagers arrivent.  Ils avançent de peine et de misère dans l’allée car ils transportent d’immenses valises qui de toute évidence n’ont pas été enregistrées.  C’est quoi l’affaire?  Où croient-ils donc aller ces gitans, ces Roms qu’ont l’air des pas propres?   Rendus à la rangée 25 où je prends place,  une femme qui tire sa maison en portant deux sacs à dos sur ses épaules m’aborde sèchement, sur le ton d’un général du Großdeutsches Reich:  “Could you change seat with my daughter, she’s only fourteen and she can’t be left alone in the back….”

-Euh,  non…
-What?
-Non, means “no” in French.

Parce que là, il faut savoir que moi, oui MOUA, ça fait 25 minutes que je suis à bord et j’ai déjà changé de siège pour accomoder une petite famille qui était séparée du père.  Ils m’ont demandé ça tellement gentiment que j’ai dit oui, d’autant plus que l’échange me donnait droit à un siège dans l’allée, ce que je préfère malgré le risque élevé de se faire amputer par la cantine roulante à tout moment, si par malheur on laisse un de nos membres pendouiller légèrement hors du périmètre du siège. 
C’est à ce moment qu’une des agents de bord -la seule qui ne dormait pas au gaz- aperçoit enfin le volume du chargement de la troupe de tziganes formée du grand-père, de la grand-mère, de la fille, du beau-fils, de l’ado de 14 ans et du bébé de 2-3 ans.

-Sorry but your bags will have to be checked.  You cannot bring big suitcases like that on board.  Two handbags only. Sorry guys…

Elle remarque que je suis debout et que la fille argumente avec moi.  Elle coupe ça court subito presto :
-This is your seat mam’, you stay there and we’ll give you a pair of earphones to watch the movie for your trouble. …

Yeah…!!!

Puis, se tournant vers la famille Lavigueur:

-…and YOU are sitting there with the baby, sorry but we are already late, we have to take off right now.

Parle-moi de ça, un agent de bord qui en a vu d’autres.  Elle sait comment dealer avec les mal-léchés.

Grand-père, grand-mère et ado s’en vont derrière tandis que fille, beau-fils et bébé prennent place à mes côtés.  L’agent de bord reprend le micro pour annoncer un léger retard en raison de l’envoi de ces derniers bagages dans la soute.  Bon, à la limite, on sait pas ce qui a pu leur arriver à nos bohémiens.  Peut-être qu’ils descendaient d’un autre avion en retard et qu’ils ont dû courir comme des malades pour ne pas manquer celui-ci.  Tu ne jugeras point.  Yeah, right… attends une minute…

Beau-fils s’assoit et ouvre immédiatement un de ses petits sacs à dos pour en sortir quatre sandwiches, genre sous-marins qui puent le junk food,  deux tubes de chips Pringles format “King can” à saveur de crème sûre et oignons,  deux Sprite et un Ginger Ale, un sac de biscuits et le biberon du p’tit.

-I told you babe we would have time to buy food before we got in the plane, dit-il alors à sa tendre épouse.

Quoi?!? Ah ben viarge!!!!  Ils retardent un vol et ils n’enregistrent pas leurs bagages pour avoir le temps de s’acheter de la bouffe ?  Elle est trop forte celle-là !

Ils mangeront non stop pendant 8 heures, incluant les deux repas servis à bord plus les boissons gazeuses en extra qu’ils ont demandés aux agents.
C’est à ce moment que j’ai commencé à croire que le vol ne sera pas particulièrement plaisant et j’en ai eu la confirmation moins de soixante secondes plus tard quand une odeur de marde de bébé m’a chatouillé les nasaux.  C’est que, voyez-vous, dans un des multiples sacs à dos que madame vient d’ouvrir, il y a des couches souillées de bébé Dumb qui vient justement de relaxer ses sphincters de nouveau. 
Maman demande alors à monsieur d’aller changer Tyson aux toilettes et de jeter les deux couches,  dont les effluves se répandent maintenant entre les rangées 3 à 35.
Pure coïncidence sans doute, quelques minutes plus tard,  l’agent de bord allumée demande aux gens qui attendent en ligne pour la toilette de ne pas y entrer car elle est bouchée.  La pauvre, qui a dû enfiler de longs gants de caoutchouc qui montent jusqu’aux épaules, comme ceux qu’on porte pour inséminer des vaches, doit aller déboucher la toilette en y plongeant ses bras jusqu’au coude.  Yark! 

Les agents de bord ont tout mon respect.  Je ne sais pas comment ils/elles font pour travailler dans ces conditions de promiscuité constante avec les mongoles qui prennent l’avion.  Je ne ferais même pas un vol que je me mettrais un parachute sur le dos pour aller fumer une smoke dehors, pour me calmer.

Bref, j'en suis certaine, c’est cet imbécile qui est allé flusher les couches dans le bol de toilettes.  C’est préférable que l’agent de bord n'en sache rien car elle voudra lui dévisser la tête avec une clé à chocs Mastercraft et faire éclater un hublot pour la crisser par-dessus bord.

Et puis, ben oui, le petit s’appelle Tyson !! Quand on cherche un prénom pour rendre hommage à un cerveau pois chiche, le choix est judicieux.. Pauvre petit…. promis à un avenir peu reluisant  pour les 80 prochaines années, tout ça à cause de la rencontre fortuite du pénis de papa Dumb qui s’est frotté aux parois vaginales de maman Dumber, un jour qu’elle était en pleine ovulation…

Bébé Tyson bois du Ginger Ale au biberon, mange des biscuits et des Pringles.  Ensuite, il crie, il pleure et on lui demande  de se calmer et de rester assis sur daddy. 
C’est parce que votre enfant vient de boire l’équivalent de 20 cuillerées à thé de sucre blanc.  What do you fucking expect, idiots ?  Je fulmine. Le petit aura besoin de quatre changements de couches durant le voyage.   Me semble que c’est pas normal ?!?  Il tousse continuellement d’une toux grasse, pleine de mucus.  Il a à peine trois ans et on croirait entendre un vieux fumeur atteint d’emphysème.  Surréaliste.

Puisque le père a de la suite dans les idées et que l’enfant est plogué solide sur le 220, papa décide alors de jouer à un jeu qui s’intitule “That’s caca”.  Eh oui…  Dès que le petit avance la main pour  toucher quelque chose, incluant la voisine du siège de l’allée, moi en l’occurrence, papa le retient et dit –très fort et en riant comme un demeuré-  “That’s caca”.  Je suis donc du caca, au même titre que le magazine dans la pochette du siège, que la tête du passager d’en avant, que son biberon, que sa maman.  Tout est caca.  Tout.  C’est très très drôle et ça dure vingt longues minutes.  Je n’en peux plus.  Je cherche un siège libre quelque part, il n’y en a pas.  Mes écouteurs ne suffisent pas, le capuchon de mon chandail n’arrive pas à former des oeillères assez profondes pour bâtir un mur d’isolement chrétien entre nos sièges. 
De son côté, la mère boude en regardant les nuages par le hublot car elle n’a toujours pas digéré mon refus de changer de siège “I can’t believe people travelling alone refuse to change seats et bla et bla…”  Sais-tu quoi, jeune dame?  Je n’accomode jamais les épais qui savent pas vivre, c’est contre ma nature humaine, sorry…

Et puis soudainement, ils décident d’échanger de sièges.  Le père a le goût de regarder dehors, ça l’air…(“Vas-y donc à place, qu’on prenne un break” )
Je me retrouve donc avec le derrière de madame en pleine face, le temps qu’ils déménagent gauchement leur surcharge pondérale tout en contrôlant le bébé. Du grand cirque, à visionner une deuxième fois au ralenti.   Madame porte un chandail bedaine rose trop serré et un legging vert pomme avec JUICY écrit en gros sur le popotin.  Ça signifie en sous-entendu que ses fesses sont juteuses pour qui aime croquer dans le gras trans.  Quel statement …  Atteinte du syndrome de Stendhal, je pleure toujours devant un chef d’oeuvre.

Papa et bébé s’endorment.  Je trouve un stratagème pour me couvrir la tête sans manquer d’air et je réussis à dormir à peine 15 minutes car papa, maintenant réveillé, a attaqué son nouveau jeu : “Say Hi!”.    Quel parc d’attraction ce papa!  Une game attend pas l’autre!
Il a beau avoir demandé 50 fois à Tyson de répéter Hi!, l’enfant reste muet comme une carpe.  Il ne sait pas dire Hi! à trois ans et, à mon avis, avec tout le chimique qu’il avale, il ne sera pas en mesure de parler avant 8 ans.  À force de métaboliser du Ginger Ale, l’hygiène du cerveau doit forcément en souffrir.

Après la projection des deux films américains poches et over-actés, on présente un reportage intéressant sur l’histoire des casinos et du gambling qui réussi à me faire changer de mood,  mais voilà qu’arrive la grand-mère qui vient voir son petit-fils.  Elle se penche sur moi comme si je n’existais pas et m’offre le spectacle de ses grosses mamelles molles de chienne qui a allaité l’orphelinat de Santa Esmeralda au grand complet  :  “Ay chiquitito mio, mi amor, ziquitoti, momosito,  hermosito Tyyyyyyysson, ven por aqui mi amor”

*Soupir sonore* et là, ça sort tout seul:

EXCUSE ME, estoy escuchar the fucking pelicula, can’t you see??   Calvaire de calvaire de calvaire de calvaire de calvaire de calvaire de calvaire.!!!!!

Elle ne s’excuse même pas.  Chez les pas d’allure, s’excuser équivaut à s’agenouiller et à lécher des bottes.  C’est par pure vengeance contre la société en général qu’ils ont volontairement exclu la politesse de leur manuel de bienséance.   C’est bien certain, la société est responsable de leur bêtise endémique et elle leur doit tout, même le respect de leur différence en tant qu’imbéciles aigus irrécupérables… .  Misère, j’ai le goût de démolir quelque chose.  Je sens la rage de l’air qui monte en moi. 
Granny prend le bébé dans ses bras et l’emmène en arrière.  Il reste une heure de vol.  J’aurais peut-être enfin la paix.  La mère commande un Ginger Ale et réussi bien sûr à en renverser sur mon siège et sur moi.  C’était prévisible. 

LAISSEZ-MOI SORTIR !!!!!!!!!!!!!


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