samedi 27 novembre 2010

nue si dévoilée


Elle pousse un pousse-pousse
déchire l'air à bride abattue
courbée, surplombante,
rassurante mais affolée
mère bancale bienveillante
suppliant de ne pas pleurer
Tout va bien aller, bébé...
Mes yeux, trop loin des siens
ne voient d'enfant
que la forme infortune
de ce landau sale et vide
offert en otage à la calamité
Le friable s'effrite, c'est la loi du précipice
Elle louvoie dans la foule
transcende l'humiliée
Celle qui pousse, pousse sans relâche
Tant que les roues rouleront
nous roulerons
dans la voie de l'évitement
mon enfant
Et si nos pieds avancent
nous ferons en sorte
qu’ils ne sachent plus où aller
Ses semelles de battante claquent
comme des sandales en été
Mais ce ne sont pas des sandales
ces souliers brisés
Mais ce n'est pas l'été
Ce n'est pas un pousse-pousse
Ce n'est pas un bébé
Elle, c'est Hallucinée
Une autre femme perdue
une autre femme voilée

2 commentaires:

Membre Viril a dit…

j'aime bien :D

Carl Poulin a dit…

Une autre femme perdue
une autre femme voilée

comme c'est bien dit,
comme c'est juste!