dimanche 6 novembre 2011

Ceci est une dramatisation avec des gros porteurs


Des fois le bruit des moteurs est tellement fort que je me dis que ça va se passer pour vrai avant longtemps, c’est-à-dire que la catastrophe qui va faire les nouvelles pendant deux grosses semaines va finir par se produire.  Mais ce ne sera pas pour cette fois-ci car, à peine ai-je eu le temps de lever les yeux au ciel en grimaçant d'inquiétude que le grondement excessif s'est changé en un gros ronron inoffensif qui se pousse vers la banlieue ouest, où l’avion ira se poser en sécurité à YUL Trudeau airport….remain seated…turn off cell phone… local time...your luggage…passengers.…thank you…
Prophète de malheur moi-même si vous voulez, mais je vous garantie qu'une bonne fois ça va finir par un drame et, non, ce ne sera pas Villeray qui va se réveiller écrapou sous la carlingue parce que selon mes calculs de probabilités, si le pilote voit la lumière rouge flasher sur son dashboard, son cerveau va forcément mettre le cap à gauche pour afleuvir sur le Saint-Laurent, vu que ça a marché à New York.  Pourtant rien n’est moins sûr car le raccourci facile de l'imitation, en pensant bêtement que « si ça marche une fois, ça marche deux », peut résulter en une funeste tache d'encre rouge sur ton arrêt de mort.
Tsé, un jour t'es la fille qui va se pogner de quoi avec ses gros totons, la semaine d’après tu tombes éperdument en amour avec un gars, là tu te dis heille j’ai pogné de quoi avec l’autre la semaine passé gracieuseté de mes gros totons, j’ai juste à y flasher ça dans face pi l’affaire est ketchup ? Surpriiiise !!! Y vient tu pas t’avouer que dans le fond,  il préfère bander sans amour sur des chinoises qui ont l’air des enfants d’école. 
Faque notre pilote, appelons-le James, et son co-pilote, appelons-le Brian, ont plus ou moins dix secondes pour prendre une décision et ne sauront pas plus c’est quoi le problème après les deux premières qu'après la huitième,  alors plutôt que de se mettre à jaser hypothétiquement avec la tour de contrôle, ils vont écouter leur instinct qui dit go with the fleuve.
« Ouin ouin… » 
Au conditionnel, on serait le soir pi je serais en train de regarder la croix du Mont-Royal avant que j’irais me coucher, comme je ferais pas mal tout le temps pour me rassurer que quelque chose de plus grand que moi peut me protéger des démons et autres monstres mythologiques qui viendraient pertuber l’humeur de mes nuits.  Pi là, drette à ma droite de plus en plus immédiate, y'aurait ÇA qui arriverait. Et en observant ÇA dériver et tanguer anormalement je fredonnerais pour me calmer, les dents serrées, les yeux plissés et la tête coincée entre les omoplates, qu'il est venu le temps des cathédrales, le boeing est entré dans un nouveau quadrilatère...
Je regarde ça évoluer et à mesure que la moustache de Brian et la calvitie de James deviennent des signes distinctifs de plus en plus reconnaissables, je me mets à élaborer un raisonnement déductif que le gros cockpit de métal va s’écraser pas loin après les tracks de chemin de fer.  Si toutt va pas mal dans le sens que j’y donne, ça va être quelques dizaines de mètres passé le coin de Saint-Viateur sur De Gaspé, drette sur les blocs de béton qui sont en train de devenir ben trendy dans le quartier. Ça va être ben de valeur pour les « expensive renovations », les « hi-tech devices » et les « great investments » mais tout ça va flamber dans pas long parce que de mémoire d'hommes, et on a bien vu ça y'a une dizaine d'années, le fuel d’avion ça pardonne pas.  Pi moi là-dedans je sais que l’extrémité de l’aile gauche va arriver à côté de chez moi parce que j’ai déjà tracé la ligne pointillée de la limite de la catastrophe dans ma tête.  Je sais pas quelle maudite luck que j’ai collée au cul mais dans le tunnel Hippolyte je compte tout le temps jusqu’à 20, moment fatidique où le paquebot qui nous passe au-dessus de la tête décide de faire craquer le béton. Ben croyez-le ou non, congestion ou circulation fluide, je réussis toujours à me rendre de l’autre bord à 19 et à sauver ma peau.  (Je compte pas nécessairement  le tout en secondes, c’est ça mon secret…)  
Fait que là, l’avion s’écrase pi j’ai, à deux bras de distance, l’extrémité de l’aile remplie de carburant bouillant comme de la lave.  Je fais quoi ?  Je rentre vite chercher mon kodak pour prendre une photo pi tourner un p’tit vidéo vite fait, au cas où les médias en auraient de besoin.  Parce que faut pas se leurrer, ça pourrait être mon gros quinze minutes de gloire à toutes les heures sur les réseaux d’information continue. À force de me montrer en boucle, je vais finir par être LA personne qui sait tout, celle qui avait le meilleur point de vue, l'emplacement de choix.  L’actualité circulaire à la journée longue fini par faire entrer dans le crâne de la communauté urbaine qu’il s’est passé quelque chose de grave, et ça va me courir après en chars pi en barges: CNN, TV5, RAI, LCN, TSN, RDS, RDI, AlJazira, RadioVatican, CIBL, nommez-les...  Mais moi dans l'immédiat, faut surtout que je me pogne les jambes après le cou, l'escampette devenant une sorte d'urgence évidente.  Mon kodak planqué sous le chandail, je vais vite sortir le réfugié en dessous du lit en le tirant par la queue.  C’est toujours là que ça va quand ça a peur. Désolée le chat mais si je te laisse là, t’as deux choix que t’aimeras pas : du feu ben ben chaud dans le poil ou les 50 gallons du lit d’eau qui te pètent dans face.  Je le crisse dans une taie d’oreiller pi enwoye dehors, pas le temps de manger des grignotines avant de partir, le gros.

Je pars à la course vers le boulevard St-Laurent parce que le vent vient de l’ouest, faque quand ça va faire boum, les flammes vont aller de l’autre bord, facile à déduire.  Et puis, question pratico-pratique, je ne m’en vais pas dans cette direction guidée par le hasard.  Je sais qu’y a une caserne de pompiers au coin de Laurier pi St-Laurent pi eux autres, tu parles qu'y vont sortir rapidement de là avec la sirène, le poteau, les tapettes à feux pi le kit au complet.  Ils en ont pour la nuit et bien au-delà, aussi longtemps que durera ce tragique drame incendiaire. Je vais donc en profiter pour squatter le poste, appeler Claude Poirier, allumer la TV sur LCN, prendre une petite douche à l’extincteur et me faire un bon petit snack dans leur cuisine. J'ai vu ce reportage à l'Épicerie sur les pompiers yummis en bottes de rubber qui vont faire le marché, je sais que je ne vais manquer de rien, et surtout pas d'imagination car ensuite, fatiguée et repue telle une Blanche-Neige, j'irais me choisir un lit pour rêver qu'ils me nourrissent des cinq groupes alimentaires.


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lundi 17 octobre 2011

Emballeur de souvenirs

À la porte de la résidence 
du même nom que le cirque
un rituel connu 
un ordre séquentiel
L'implacable alignement
des véhicules propres
et bien désinfectés
L'ambulance pin pon
une fois passera, ou deux ou trois
Puis la morgue obscure
et le camion de déménagement
Local ou longue distance
Vingt ans d'expérience
Il fait ça "vite et bien" 
Son nom c'est Alain


Emballeur de souvenirs
Archiviste de phases terminales
Alain passe le dernier
Comme le marchand de sable
Ferme les paupières du dernier lieu 




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mardi 4 octobre 2011

vendredi 30 septembre 2011

Deuxième station - Mitose



Cet homme achète de la glace. Il a été giflé solidement, on ne sait trop. Cette femme achète de la sauge. Elle va cuisiner, c'est certain.
Rien entre les deux sinon qu'un mirage de bulles d'oxygène enfilées en points de chaîne ombilical, si seulement les esprits communiquaient à la hauteur des nombrils.
La jeune caissière est portugaise. On le sait trop bien car c'est une femme de petite taille. C'est à n'en point douter, assurément à n'en point douter. Elle ne sait pas pourquoi la glace, pourquoi la sauge.  Elle a cessé de se poser des questions sur les achats de la clientèle après avoir scanné son dix millionième article en carrière, un pot de mayo. Ses patrons lui ont alors offert un verre de mousseux sur son temps personnel, pendant sa pause réglementaire. Elle a ensuite cessé de penser.
Tantôt, elle demandera à la cliente "c'est quoi?" en sortant la liste de prix plastifiée, cachée entre la caisse et la mélamine.  Elle confond continuellement les épinards et le brocoli, le chou rouge et le radicchio. "C'est le même vert..." "C'est le même rouge..."

Mais pour le moment il y a le cas de l'homme et de la glace. Dans la longue file d'attente d'une ville rationnée il finirait par payer pour de l'eau en sac.  Prévoir des bouteilles pour la fonte imminente des glaces...

Au moment où la jeune portugaise actionne le tapis du convoyeur pour faire avancer le sac d'eau gelée, l'homme tourne la tête un peu, pas beaucoup, mais assez pour voir derrière lui un bouquet de sauge tenu à deux mains par une apparence de communiante ou de paroissienne au dimanche des rameaux.
Il la regarde furtivement, intrigué. Pourquoi choisir une épicerie grande surface pour un tout petit paquet de feuilles?  Il perd l'équilibre en se retournant, en conséquence la chaîne bouge et rompt ses maillons.

Elle a l'air si ... gentille dans son chandail moulant.

Comme une volée d'outardes touchées par la grâce, tous les maillons reprennent place et se rééquilibrent dans une chorégraphie intuitive, inscrite depuis la nuit des temps dans la génétique de générations d'oiseaux.  Les outardes sont des oiseaux merveilleux. Pour les posséder, des balles leur rentre dedans parfois.

Cette fille est un cadeau du ciel, je vais lui dire quelque chose, n'importe quoi.....

"La puce vers le bas, monsieur. MON-SIEUR-eeeee!!! La pu-ce vers le bas-eeeee" lance la caissière du haut de ses 132 centimètres d'impatience.

Merde! La communiante part payer à la caisse 6 articles ou moins. Et lui qui doit attendre la maudite confirmation de paiement. Ça y est, elle est déjà sortie. Elle frôle l'aile gauche de sa carrosserie, met la clé dans le contact, démarre et s'envole.

Il aurait souhaité être armé.




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dimanche 25 septembre 2011

Première station


Un réfrigérateur défectueux et trop bruyant toussote trois fois avant chaque arrêt 
Un silence épais comme du goudron 
Le yogourt est passé date
Le facteur a les pieds mouillés
Donne-moi un café

Combien de temps de sursis un homme peut-il s'accorder avant d'entendre réellement l'appel lancinant d'une courroie slaque?


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dimanche 3 juillet 2011

Haïchaud

Bric-à-brac indolent
Cheveux mouillés même secs
L'été c'est l'été


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samedi 18 juin 2011

En d'autres mots - Danny Plourde

"..Morneau n'espérait toutefois pas communiquer avec les "anglos" en français. Le français leur était trop inutile, trop compliqué, détestable, internationalement handicapé.  Plus particulièrement encore chez les jeunes, une colonie d'environ vingt-cinq mille étudiants de McGill et de Concordia, qui vivaient, réfléchissaient et commerçaient uniquement en anglais à Montréal.  Leurs campements, traditionnellement situés à l'ouest de l'île, débordaient désormais, et la population anglophone augmentait sans cesse, soutenue par une immigration constante de gens qui trouvaient le français "too difficult".
     Morneau était convaincu que les francophones avaient toujours fermé docilement leur gueule et laissé toute la place aux autres.  C'était d'ailleurs ce qui les rendait si mignons et spirituels.  Leur mutisme était comme une tradition, une valeur sûre.  Un trait spécifique à leur souche déracinée. On avait si peur de ce que les autres pouvaient penser.  La peur: cette culpabilité avant l'action, comme l'échec et mat qu'on entrevoit avant même d'avoir avancé son premier pion."

PLOURDE, Danny  Joseph Morneau La pinte est en spécial


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dimanche 3 avril 2011

Brièveté de la gloriole

Sa bouche en accéléré:

Il ouvre grand
Bla bla bla blaaaaaaa bla bla
Oooooh! Aaaaaah! 
C'est siiiii beau, c'est siiiii vrai
Plus grand! Plus grand!
Quel capteur
Son heure de gloire est enivrée
L'étendard pédant est levé
Sa corolle saturée de milles feux en perd les pétales
Qui fanent
Puis tombent, ternes, à la renverse
Parmi tous ces sédiments 

Fin de l'épisode

Que le vent l'emporte...

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mercredi 16 mars 2011

En caoutchouc



Flic flac floc
Place au jeu puéril 
L'invitation est ludique
Viens par ici flaque
J'ai des bottes 
Je suis imperméable
Mes pieds d'hévéa


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dimanche 6 mars 2011

arracher la beauté

au nom du père 
au nom du fils 
au nom du prêtre, complice 
que ton nom soit sacrifié
que ton règne achève
que sa seule volonté soit faite 
soumets-toi à sa tentation

condamnée à la servilité
soumise devant ce braqueur de crucifix
la tête couronnée d'épines
et des clous dans les paumes
tu exécutes...
tu rêves à sa mort lente...
le noyer dans la rivière
l'assommer d'un coup de calice
l'étrangler de tes mains de bonniche
puis livrer sa tête aux vipères...
mais la queue bien dilatée
du grand bienfaiteur catholique
est auréolée d'impunité 
au lupanar évangélique

et ton coeur rétréci encore une fois
alors qu’il crache au fond de ta gorge

tu retournes brasser la soupe
et torcher ses morveux

Grillagée de noir comme une afghane, on te réformera dans la pénitence et l'apprentissage de travaux manuels. C'est bien ta faute tout ça... Il faut que tu changes... Nous te montrerons la bonne voie... Nous allons t'assouplir... Le programme consiste à ériger ton échafaud en secret, à temps pour l'escale de noël. Tu reviens à la maison crier à l'aide et vomir un thrombus de sperme ensanglanté alors que les familles chantent alléluia autour de la table du réveillon et que les enfants de choeur se font enculer dans la sacristie

Bordel de merde, quelle ironie tante So, quelle ironie !

Ton paysage s’arrêtera là
au bout d'un lit austère
à l'orée des nuits
puisque rien n'a été dit
et que tout a été compris
Replie tes ailes trop chétives
qui veulent soulever un récif
tes vingt ans captifs 
ont été livrés à l'invisible
l'embâcle appartient au courant
lorsqu'il part à la dérive

Dans une bulle isolée d'eau douce 
au coeur de l'absurde inconfort du monde
tu erres doucement
libre tranquille

je porte ton nom 


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vendredi 21 janvier 2011

Sans feu

Il fait froid
La flamme vacille
Et tes bras sont dépourvus d'intentions


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samedi 15 janvier 2011

Top chrono

La serveuse renverse le café
Le cuisinier se fâche
Le client part sans payer


Commencer une journée


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dimanche 9 janvier 2011

Fanfaronnades

Dans le bus, mon voisin de siège raconte à son portable qu'il est encore tout bouleversé par le documentaire sur Yves St-Laurent qu'il a vu hier au cinéma.  Les baguettes en l'air,  un vrai missionnaire chargé de diffuser en continu toute l'actualité des lieux communs culturels accolés à sa communauté d'appartenance :  Yves St-Laurent, Jean-Paul Gaultier, Madonna, Madama Butterfly, Diane Dufresne et Lady Gaga. J'aime bien son zeste de "trop" dans l'attitude. Pour changer du drabe, ça tombe à point, j'ai justement besoin d'oxygène.
Je vais prendre l'air de fin d'après-midi dans le Vieux Montréal, croyant en trouver davantage au pied cube sur les fondations de Ville-Marie, mais ce n'est que l'impression offerte par la proximité du fleuve : ici, le dégagement du paysage peut contribuer à décoincer la cage thoracique. "Peut contribuer", comme ces promesses ambigües des fabricants de crèmes de nuit qui cherchent à nous vendre dix années de moins en jouant habilement avec les mots. Ça ne changera absolument rien mais si ça peut te faire du bien d'y croire...
Au mieux, le grand air rosira mes joues pour moins cher et cette sortie pourrait contribuer à me débarrasser de ce mantra d'origine inconnue qui me martèle la tête sans raison depuis deux jours : Fanfaron/Macaron/Pantalon/, Macaron/Pantalon/Fanfaron, Pantalon/Fanfaron/Macaron... Un vrai virus que j'échangerai sous peu contre le jingle de Déménagement La Capitale, pour faire différent. Entre deux maux...

"Les baguettes" descend avant moi et ce siège vide me révèle le passager qui fut son voisin de droite et qui devient, vite de même, mon nouveau voisin.  L'homme plutôt âgé, se tourne aussitôt vers moi et me demande à quel arrêt il doit descendre pour le métro.
C'est plus très loin, je vais vous le dire.
Un milliard de dollars, c'est beaucoup d'argent ça.
Euh, oui, en effet,  que je lui répond en éclatant de rire, un peu déstabilisée par ce small talk inhabituel dans les transports en commun.
Un million c'est beaucoup mais c'est juste dix fois 100,000, hein?
Oui, quelque chose comme ça.  Vous savez monsieur, vous tombez mal, j'ai de la difficulté avec les chiffres en général...
Ah oui mais un milliard c'est ben plusse que ça.  C'est peut-être 1000 fois 100,000 ou 10,000 fois 100,000, hein?
Hum hum, ben oui, possible...  C'est trop gros pour moi monsieur, mais j'ai une calculatrice si vous voulez...
Ben un milliard là, c'est 1000 fois un million.  Mille fois, madame!!!
Décidément, ça a l'air d'une obsession son affaire...
Je remarque son oeil gauche aveugle, d'une couleur entre la prune et le marron, qui rappelle une de ces vitres sans tain derrière laquelle se cacheraient incognito des enquêteurs se tenant les côtes devant un défilé digne du freak show pour retrouver le vrai fraudeur...
J'ai un moment de répulsion et, dans la seconde qui suit, le regret de l'avoir eu.  En fait, il n'y a plus d'oeil sous sa paupière, plus rien que ce placardage sombre et uniforme qui renvoie mon image comme un petit miroir convexe.  Je profite tout de même de cette occasion inopinée pour relever mon bérêt qui a glissé sur mon front et balayé mes sourcils vers le bas. Un miroir, vite.  Ma vantardise réussirait à pourchasser mon propre reflet jusque sur un tronc d'arbre fraîchement mouillé.
C'est quand même pas comme s'il l'avait fait exprès, le pauvre.  On peut toujours réagir au choix discutable d'une coupe de cheveux, à un excès de maquillage ou à un visage tatoué, mais un oeil crevé ou un nez croche c'est quand même pas un choix délibéré...
Vous êtes mathématicien monsieur?
Ah non, non...
Il n'ajoute rien.  J'attendais le récit de sa vie puisqu'il semblait vouloir engager la conversation, mais nenni, pas un mot de plus. Est-ce un genre d'espion?  Il me parle en me regardant de son oeil droit mais derrière l'oeil sans tain, il y a certainement une caméra qui me scrute de la tête aux pieds à la recherche de ce qu'il pourrait me voler en douce.  Cet homme est un pickpocket professionnel !
Il me parle de millions et de milliards...  Cet homme cherche à me séduire, croyant avoir affaire à une gold digger en quête d'un vieux riche à lessiver, et ça l'excite au max.  Sa caméra cherche à voir si mon coeur bat plus vite au travers de mon manteau, si mes pupilles se dilatent, si je mouille ma petite culotte au travers de mes jeans.  Cet homme est un prédateur sexuel !
Il me demande où se trouve l'arrêt pour prendre le métro et sa caméra enregistre ma réaction.  Ai-je l'air méfiante?  Suis-je susceptible d'alerter les autorités?  Il y a quand même un air vaguement paki sous cet accent profondément terroir .  Il planifie de faire sauter une bombe dans le métro en l'échange d'un milliard de dollars offert par AL K. Hideux.  Cet homme est un méchant terroriste !

On est arrivé monsieur, c'est le métro ici.
Il me quitte aussi abruptement qu'il m'a abordé, sans bonjour ni au revoir.
Bye là!! C'était l'fun...quand même...

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dimanche 2 janvier 2011

Un an

Les vents fous d'une tempête de neige déjouent les écrans radars et ont raison du brasier créateur.

Les poètes seront rappelés d'urgence, si nécessaire.


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http://www.snowdayforlhasa.com/


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